Wednesday, October 22, 2014
De ta main gauche, tu retires de ton frontune mèche de cheveux, et moi, immédiatement,je mémorise ce mouvement, je ne vois pascomment tu retires tes cheveux de ton front,mais je me souviens de ce geste : de ta maingauche tu retires une mèche de cheveux de ton front.Tu dis d’une voix vacillante qui déplace la flammede la bougie sur la table : ” Dehors c’est l’orage “,et quelque chose qui n’est pas moi, mais oùil y a de moi, pas mal de moi, mémorise cette voix,et alors que je t’écoute, c’est comme le souvenirde t’avoir déjà entendue, c’est comme sije me souvenais de ta voix vacillantequi déplace la flamme de la bougiesur la table devant nous, comme sije me souvenais de ce soir, et de la voixqui dit : “Dehors c’est l’orage “.
[…]
Abdulah Sidran

De ta main gauche, tu retires de ton front
une mèche de cheveux, et moi, immédiatement,
je mémorise ce mouvement, je ne vois pas
comment tu retires tes cheveux de ton front,
mais je me souviens de ce geste : de ta main
gauche tu retires une mèche de cheveux de ton front.

Tu dis d’une voix vacillante qui déplace la flamme
de la bougie sur la table : ” Dehors c’est l’orage “,
et quelque chose qui n’est pas moi, mais où
il y a de moi, pas mal de moi, mémorise cette voix,
et alors que je t’écoute, c’est comme le souvenir
de t’avoir déjà entendue, c’est comme si
je me souvenais de ta voix vacillante
qui déplace la flamme de la bougie
sur la table devant nous, comme si
je me souvenais de ce soir, et de la voix
qui dit : “Dehors c’est l’orage “.

[…]

Abdulah Sidran


Edouard Boubat, Lella, 1947

Edouard Boubat, Lella, 1947

(Source: last-picture-show)

Tuesday, October 21, 2014
Cette nuit tu m’as dit à l’oreille deux motsCommuns. Deux mots fatiguésD’être dits. Des motsQui sont neufs d’être anciens.Deux mots si doux que la lune qui passaitFiltrant à travers les branchesS’arrêta sur ma bouche. Deux paroles si doucesQu’une fourmi se promène sur mon couEt que je n’essaie pas de bouger pour l’en chasser.Deux mots si doux - que je dis sans le vouloir-Oh que la vie est belle !Si doux et si docilesQue des huiles parfumées s’écoulent sur mon corps.Si doux et si beauxQue mes doigts nerveuxMontent vers le ciel imitant des ciseauxOh, mes doigts voudraientDécouper les étoiles.
Alfonsina Storni

https://www.facebook.com/damienelroy

Cette nuit tu m’as dit à l’oreille deux mots
Communs. Deux mots fatigués
D’être dits. Des mots
Qui sont neufs d’être anciens.

Deux mots si doux que la lune qui passait
Filtrant à travers les branches
S’arrêta sur ma bouche. Deux paroles si douces
Qu’une fourmi se promène sur mon cou
Et que je n’essaie pas de bouger pour l’en chasser.

Deux mots si doux - que je dis sans le vouloir-
Oh que la vie est belle !
Si doux et si dociles
Que des huiles parfumées s’écoulent sur mon corps.

Si doux et si beaux
Que mes doigts nerveux
Montent vers le ciel imitant des ciseaux
Oh, mes doigts voudraient
Découper les étoiles.

Alfonsina Storni

https://www.facebook.com/damienelroy

nikkidelmont:

Luca Bortolato
Monday, October 20, 2014

L’amour est l’emblème de l’éternité : il confond toute la notion de temps : efface toute la mémoire d’un commencement, toute la crainte d’une extrémité.

Love is a symbol of eternity. It wipes out all sense of time, destroying all memory of a beginning and all fear of an end.

Germaine de Stael
[…] à peine t’ai-je aperçue,Lesbie, que rien ne reste de ma voix dans ma bouche,ma langue s’embarrasse, en mes membresse répand une flamme subtile, et de leur propre tintementmes oreilles résonnent,mes yeux se couvrent de nuit.Catulle

[…] à peine t’ai-je aperçue,
Lesbie, que rien ne reste de ma voix dans ma bouche,
ma langue s’embarrasse, en mes membres
se répand une flamme subtile, et de leur propre tintement
mes oreilles résonnent,
mes yeux se couvrent de nuit.

Catulle

Il est des bals de l’amour que l’on ouvre avec un baiser. Éclats de Vers - Carnet intime (via eclats-de-vers)
lesthetiquedelinventaire:

Megan Mcisaac 

lesthetiquedelinventaire:

Megan Mcisaac 

Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute
Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

You are hunger bread thirst high drunkenness
And the last marriage between dream and virtue.
Paul Éluard, excerpt of Prête aux Baisers Résurrecteurs (via camilla-macauley)